Road Trip

Sur la Route des Aztèques : Deuxième étape

9 décembre 2017

 

Cela fait maintenant 24 jours que je parcours le Mexique, du centre montagneux au nord, puis la côte Est le long du Golf du Mexique et  maintenant la péninsule du Yucatan sur la mer des Caraïbes, la partie la plus au sud-est du pays. J’ai traversé 10 états (je crois lol) et 4382 kilomètres.

Ma vision de ce pays s’est considérablement transformée au fil des kilomètres.

La méfiance et l’inquiétude du début ont laissé place à une sécurité relative malgré les tirs de bazooka la nuit dans certain village. lol. Mais surtout à l’émerveillement de tous ces paysages incroyable, ces petits villages et ses habitants de plus en plus sympathiques. Et bien sûr, pouvoir rouler en hiver en T-shirt, ça n’a pas de prix.

Aussitôt la frontière du Texas traversée, le dépaysement est total. Les petites cantines poussiéreuses, à demi délabrées tout le long de l’autoroute, les garages de pneus et mécanique sur le pouce, les « vulcanizator », encore plus crasseux.  Au milieu de ça, quelques places sont super propre et bien entretenue. Terre de contraste…

Autre chose qui m’a frappé en entrant dans le pays, la quantité de semi-remorque. Ils doivent bien représenter 70% du trafic routier. Bizarrement, je n’ai presque pas vu de « recap ». C’est semelles de pneu qui se décollent et trainent un peu partout sur les routes du Canada mais surtout aux États-Unis.

Un coup traversé Monterrey à 200 kilomètres de la frontière,il y en a un peu moins…. Juste un peu.

C’est vraiment passé Mexico city que ça se normalise.

Dans l’ensemble, les autoroutes sont en assez bonnes conditions, voir même excellente.

Dans les petits villages, c’est plus rock’n roll. Au milieu des topes (les dos de dromadaires) et des trous, ça ne roule pas trop vite. Beaucoup de péages, mais ça garantit des routes sécuritaires.

Mes croyances versus la réalité :

J’avais entendu beaucoup de oui-dire à propos d’un peu de tout qui m’avait donné une vision plus ou moins déformé de la réalité. Vaut quand même mieux être trop prudent que pas assez. J’ai réuni ici quelques appréhensions qui se sont révélé autres ( tant mieux) que ce que j’aurais pu croire.

-Je craignais en arrivant au Mexique devoir traverser un désert, pas âme qui vive à perte de vue, rien que du sable et des cactus . Puis, quelques grosses camionnettes remplies de gars armés et cagoulés t’encerclent pour te voler ( à ce que j’en avais entendu dire). / RÉALITÉ : La 85 traverse bien un « désert mais d’arbres maigrichons. Tout le long de la route il y a des baraquements , restaurant, garage et petit village. La route est très achalandées. Peut-être, encore, je suis trop à l’est 😉

-Je croyais que, jusqu’à Monterrey du moins, je me débrouillerais en parlant anglais, le temps de me mettre dans le beat espagnol. Je n’avais pas acheté de pesos, l’argent américain qui me restait devait faire l’affaire. Au pire, il y a des guichets partout. / RÉALITÉ : Aussitôt arrivé à la douane, l’anglais ne sert pratiquement plus à rien. D’énormes affiches sur le bord de la 85 annoncent que seul l’argent du pays est acceptée pour les postes de péages!! Pour les guichets, contrairement à mon expérience à Playa Del Carmen, il n’y en a que dans les banques. Qui sont loin d’être facile à trouver.

-J’appréhendais les postes d’inspection armé de la police qui en profite pour arrondir leur fin de mois. / RÉALITÉ :. Jusqu’à maintenant j’ai droit à des signes de têtes ou des « Buenas dias ».  La plupart étaient vide. Par contre, je reste sur mes gardes, ça risque d’arriver. Un couple de français que j’ai rencontré ont négocié une amende à 1500 pesos. Une heure seulement après avoir pris possession de leur voiture de location. Je me suis finalement fait contrôler en allant chercher ma flamme à l’aéroport de Cancun. Il s’est présenté, M’a demandé mon permis et m’a jasé du voyage que j’ai fait dans son pays. Une poignée de main et bon voyage 🙂

-J’avais entendu parler que sur des petites routes de campagnes, quelques habitants installaient des cordes au milieu de la route et demandait un droit de passage pour redescendre la corde. / RÉALITÉ : J’en ai croisé 2, c’est tout à fait vrai, même que la deuxième était une chaîne! Rien de bien méchant, une gamine avec un bébé m’a gentiment demandé de payer.

 

Les 5 concessionnaires Harley Davidson que j’ai visité avaient tous l’air flambant neuf. La grande classe. C’est le seul endroit où c’est garanti de trouver quelqu’un qui parle anglais. Le concessionnaire Tiburon Harley davidson dans la ville de Veracruz ,là où plus de 20 journalistes ont été assassiné depuis le début de l’année, est celui que j’ai le plus apprécié. J’y ai fait la rencontre de Erwin, le représentant des vente. Un gars plus que sympathique, j’y suis resté pas loin d’une heure à jaser motos et voyages en géeneral et de mes  périples en particulier. Le temps de boire une Indio (bière mexicaine)!

Peninsula Harley-Davidson
Mérida, Yucatán

 

 

Mes coups de coeurs:

Dans l’état de Nuevo Leon

-Monterrey :

La première ville mexicaine que j’ai roulé. Excellente expérience pour s’habituer à la conduite anarchique/bordélique mexicaine. Mais si elle figure dans mes coups de cœur, c’est plutôt pour sa situation géographique.  La ville est au creux des montagnes. Quand on monte dans la partie la plus haute de la ville, la vue est magnifique. De nouveaux quartiers de maisons de tout les tons de couleur pastel sur fond montagneux sombre , c’est juste : WOW!

Dans l’état de San Luis Potosi

-Real de Catorce :

Petit village d’environ 1400 habitants coupé du monde. En effet, après avoir suivi une route faite de roches sur 20 kilomètres, il faut traverser un tunnel à une voie en alternance sur 2 kilomètres pour y arriver. L’effort en vaut le spectacle. Petites rues étroites, tout en pente de partout. Rien n’est à niveau, c’est pas évident pour la moto ni pour les mollets et les chevilles. lol

Au début 1900, le village comptait environ 14 000 citoyens vivant surtout de la mine d’argent tout près. La mine ayant été abandonné le village l’a été également. Il est devenu un repère de bandit, dont le célèbre Pancho Villa. Jusqu’à ce que des hippies dans les années 80 le « redécouvre ». Rouler à Real de Catorce, avec tout les chevaux et ses routes de pierres, c’est comme rouler dans le passé

La ville de San Luis Potosi vaut une visite mais je n’y suis pas resté. Je me suis plutôt dirigé vers San Miguel de Allende dans l’état voisin, le Guanajuato.

Dans le Guanajuato 

San Miguel de Allende :

Magnifique centre-ville avec des églises digne d’être des cathédrales!

Toutes les rues cachent des habitations impressionnantes tant par le fer forgé que par les portes en gros bois massif. Une très belle ville à découvrir et y flâner.

Dans l’état d’Hidalgo:

Las Grutas (les grottes) Tolantongo :

Le nom Tolantongo vient du Nahuatl « Tonaltonko »  qui voudrait dire : maison où on sent la chaleur. Le nom aurait été mal retranscrit lorsque le site fût découvert en 1975.

Un complexe hôtelier s’est développé sur les rives d’ une rivière d’eau chaude volcanique provenant d’une grotte en amont qui déverse des tonnes d’eau sans arrêt. Ce qui donne une rivière en cascade. Avec les sels minéraux, l’eau est d’un bleu pâle laiteux assez incroyable.

Il y a 3 hôtels qu’on ne peut réservé qu’une fois arrivé sur place. Étant hors saison, je n’ai pas eu de problème là dessus. Il y a également un camping sur le bord de la rivière. On peut y louer une tente. Quelques restos mais pas de Wifi nulle part.

C’est une autre place qu’il faut mériter. 6 kilomètres en S en descendant la montagnes avec des virages à 180°. Les 2 derniers kilomètres sont en terre battue.

 

Dans le Veracruz :

Tecolutla :

Petit village sur le bord du Golf.

J’y ai passé 2 jours à relaxer dans un hotel à 700 pesos (50$ canadien) directement sur la plage. J’ai aimé la place mais pas pour l’hotel. Le wifi ne fonctionnait pas au 3e étage, la vue donnait sur un milieu de building défraîchi. Bon, il y avait des options de chambre de plus grande qualité avec balcon ou vue sur la piscine mais ce que je voulais, c’était la plage des touristes mexicains. Aucun tout-inclus dans la région… et je n’y ai vu aucun gringos non plus. C’est impressionnant la quantité de vendeur ambulant qu’il y avait sur la plage. Les restaurants qui installent des chaises avec parasol sur le bord de l’eau et le pauvre serveur qui doit courir sur la plage pour faire le service.

Bonne place pour se reposer

 

 

Tlacotalpan :

Superbe petite ville tout en couleur . À une heure plus à l’est de Veracruz par la 180, on y accède en longeant une petite route agréable à rouler le long de la rivière Papaloapan

Dans le Yucatan :

Valladolid:

La ville fût construite en 1545 par les conquistadors espagnol sur une ancienne ville maya. Les indigènes se révoltèrent mais furent écrasé par les troupes espagnoles de Merida plus au nord. Le 14 mars 1848, suite à de violents combats, les espagnols durent fuir la ville et furent presque tous massacré en tentant de se rendre à Mérida par les Mayas. Elle fût reprise plus tard au cours de la guerre des castes.

La ville a un très beau « Centro« . Comme dans toutes les villes mexicaine que j’ai vu jusqu’à maintenant, une église et un grand parc en face. Des stands de bouffe et de gugusses ambulantes . Autour du parc, dans les buildings, il y a des magasins, restaurants, bar et souvent les banques. C’est le point de ralliement pour un peu tout le monde. C’est partout pareil. même dans les petits village .

Ce que j’ai surtout apprécié, c’est que j’y étais le 12 décembre. Le jour de l’anniversaire de Maria de Guadelupe. Depuis plusieurs jours, je croisais partout sur les routes, même les autoroutes, des coureurs, cyclistes, motocyclistes arborant les couleurs de la vierge. Portant des immenses statues dans leur dos ou des croix en bois et des flambeaux. Un pèlerinage à la grandeur du pays.

Ils devaient être plus d’une centaine à parader dans les petites rues autour de l’église. Des hauts parleurs poussé au maximum, les klaxons, les semi-remorques à grand coup de flûte. au milieu de tout ça, des « caballeros »(cavaliers), des motos, des coureurs, des autos de tout les genres, dans une anarchie typiquement mexicaine. J’ai tripé solide!!!

 

Il y a évidemment les ruines Mayas un peu partout dans le sud du Mexique. Surtout dans la péninsule du Yucatán. Il paraîtrait que même pas la moitié ont été découverte jusqu’à maintenant. En date d’aujourd’hui, j’en ai visité 3 : El Tajin dans le Veracruz, Mayapan et Ek Balan dans le Yucatán. Je devrais en explorer encore au moins 3 autres. Je ferai un article juste là dessus plus tard …

D’ici jusqu’après les fêtes, je devrais rester dans la région à profiter des joies de la Riviera Maya, en bon touriste.

Troisième étape du Road Trip, la côte Ouest en 2018….

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2 Comments

  • Reply Alexandre De Luca 16 décembre 2017 at 13 h 49 min

    Tu devrait écrire un livre avec tes résumé et plein de photos avec tes road trip à date tu devrais avoir assez de matériel je crois .ça serait intéressant à lire et regarder toute les photos

    • Reply Yannick Turgeon 16 décembre 2017 at 14 h 50 min

      Peut-être au retour du Mexique? En tout cas, c’est un beau compliment, merci 🙂

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